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29 novembre 2011

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J’accuse !

par Fred Bailly

D’aucuns vont considérer ce qui suit comme un brûlot. Je ne pourrais décidemment pas leur en vouloir mais après avoir travaillé dans les jeux vidéo depuis plus de vingt ans et connu une carrière dans le multimédia honorable, j’ai décidé de dénoncer ce secteur que j’estime gangréné par le fric, l’industrialisation à outrance, vampirisé par les éditeurs, l’absence cruelle d’intérêt pour les créatifs et un système vacillant sur ses fondamentaux initiaux…

Flashback, comme le titre de Delphine Software. Un clin d’oeil. Nous sommes donc en 1989. La première vraie console grand public voit le jour. Déjà passionné, heureux possesseur d’un CPC-64 et d’un Apple IIe et d’autres machines considérées aujourd’hui comme de précieuses reliques, je décide de ne pas laisser passer cette chance et me fais embaucher comme testeur gamelay chez Nintendo France. En parallèle, j’occupe les mêmes fonctions en freelance chez Delphine Software et Microprose. C’est entre autres l’époque bénie du premier Mario, du premier Zelda, de la sortie de la Gameboy puis viendra la révolutionnaire 16 bits ou encore des titres comme Wing Commander sur PC. Mais jouer ne me suffit plus, ma passion pour l’écriture me rattrape. J’ai envie de reconnaissance et surtout de faire partager ma passion au plus grand nombre possible, d’informer sur un phénomène que je sais plus que prometteur malgré les sarcasmes des réactionnaires qui voient là un moyen de pervertir ou d’altérer les capacités psychomotrices de nos chères têtes blondes. Le débat fait rage à l’époque mais concepteurs, éditeurs, journalistes, développeurs et testeurs s’accrochent à ce Saint-Graal. C’est l’époque bénie des créatifs, des petits budgets qui font de grandes choses, d’un marketing spécialisé émergent, de la passion inoxydable.

Un aspect malsain commence pourtant à faire son apparition quelques années plus tard. Les éditeurs, devant l’ampleur que prend le marché, font désormais pression sur la presse pour obtenir des notes décentes sur ce que je qualifie de bouse puante vidéo-ludique. Je refuse net d’augmenter une note face à un éditeur qui lui supprime sa campagne de pub et je me fais logiquement virer du magazine auquel je collabore en tant que rédacteur en chef adjoint. Mais je décide de rester droit dans mes bottes comme disait l’autre et d’aller voir ailleurs. Je pige pour Joystick, La Vague Interactive ou encore SVM. Je rejoins Canal J pour présenter une émission hebdomadaire en direct. La chaîne câblée aura eu le mérite d’être la première à innover et investir sur ce type de programme dès 1994. L’aventure durera un an. Je ne suis pas fait pour la télévision, je suis mal à l’aise devant les caméras et la plume me manque cruellement. Enfin mon ami, Bertrand Amar saura me remplacer avantageusement avec le talent que nous lui connaissons tous.

Je décide de faire une pause et de me consacrer professionnellement à l’émergence de l’Internet dans lequel je place tous mes espoirs. Je fonderais plusieurs magazines d’informations, dont certains existent toujours comme Foot365 que j’avais créé dès 1996. Succès d’estime et jolie carte de visite. Ma vie de gamer ne s’arrête pas pour autant. Je suis toujours autant rivé à mon PC et mes consoles et continue à me tenir informé de l’actualité. En 1997, je découvre Ultima Online et c’est une révélation. Les jeux solo finissent par m’ennuyer et l’idée d’une communauté de joueurs me passionne. Je vois dans les MMO un avenir radieux, des possibilités d’interactions sociales fantastiques et un large terrain d’expression. Puis vient DAOC, Star Wars Galaxies, World of Warcraft et bien d’autres dans lesquels je m’investis au point de sacrifier à l’époque mon couple. En 2009, après une longue maladie, je reprends le flambeau et me spécialise dans ce domaine passionnant au travers d’un blog qui connait un succès non négligeable, la reconnaissance d’éditeurs audacieux et de collaborations avec différents magazines ou d’interventions pour des émissions de télé qui sollicitent mon expertise sur certains titres. Je fini par vivre de ma passion, quoi de mieux ? Mais la réalité me rattrape et va flinguer mon enthousiasme.

Nous sommes début 2011. L’année s’annonce prolifique. Les éditeurs, devant le succès insolent de WoW et de ses 11 millions d’abonnés, investissent le secteur du multi joueurs et des communautés en ligne avec de plus en plus de moyens. Témoin, Electronic Arts qui rachète à grand coups de dizaines de millions de dollars le studio BioWare dans le but de produire SWTOR. Bien sûr d’autres titres feront leur apparition en cette année faste avec plus ou moins d’à propos. Mais c’est aussi l’heure pour moi de déchanter.

Après des années de travail, d’investissement personnel, je réalise amèrement combien tout à changé. Et pas en bien. Il suffit de parcourir les différents blogs pour voir certains gamers qui se proclament journalistes et qui ne font que rapporter une expérience de jeu personnelle sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas ou prou. On frôle parfois l’imposture, on atteint souvent l’incompétence, le manque de repères culturels… Quoi de plus facile finalement que de déclarer journaliste dans un domaine dont les jalons sont émoussés depuis un bail. Mon égo prend une claque lorsque j’ai cette révélation. J’avoue parcourir certains blogs avec intérêt, d’autres me laissent pantois alors que certains me font bouillir avec leurs fautes d’orthographes. Ca intéresse qui de savoir que le « journaliste » a joué telle ou telle classe dans un RPG ou un MMO ? Le métier de journaliste, c’est de raconter une histoire, d’évoquer des faits dans un contexte général, de partager des connaissances, bref d’informer rapidement de l’actualité. Pas de narrer une expérience propre sur un site internet de première génération bourré de fautes de syntaxe et de screens pixélisés au-delà du raisonnable ou encore de repomper les communiqués de presse à tout va. Ne confondons donc pas bloggeur et journaliste ! Pourtant et je tiens à affirmer ceci : certains blogs sont actuellement le seul contre-pouvoir face à la complaisance de certaines publications spécialisées. Les bons blogueurs sont noyés dans la masse et ne bénéficient pas de l’audience et de la reconnaissance qu’ils méritent.

Finalement, les services de presse et de relations publiques des éditeurs se perdent dans cette nébuleuse de blogs. Qui pourrait leur en vouloir ? Comment juger de l’audience d’un blog, de la pertinence des informations, du professionnalisme du blogueur ? De facto, on se retrouve dans des situations kafkaïennes où les éditeurs ne peuvent plus donner qu’aux groupes de presse les moyens de travailler : accès aux bêtas, envois de kits presse, communiqués en amont, trailers disponibles sur les extranets avant publication sur You Tube. Certains continuent à assurer dans ce domaine, je dois leur rendre hommage. D’autres sont complètement dépassés par l’ampleur du phénomène avec l’incidence dévastatrice de ne plus donner aux journalistes les moyens de travailler. Des titres majeurs (que je ne citerais pas) donc, aux budgets RP colossaux avec lesquels le journaliste ne peut plus faire son travail d’enquêteur, privé qu’il est d’informations cruciales. Les journalistes professionnels en jeux vidéo sont de fait devant un dilemme cruel : comment mener un article contradictoire, recouper les informations quand les éditeurs ne distillent celles-ci qu’au compte-goutte, envoyant les communiqués de presse trois jours après que les informations furent mises en ligne sur le site officiel du jeu. Je dénonce ces éditeurs, j’accuse ce système de ne pas se donner les moyens de ses ambitions, d’avoir su noyer le poisson et de manquer de professionnalisme. A quoi bon un service de presse aux effectifs conséquents lorsque on ne propose aucune méthodologie de travail, lorsque on laisse le blogueur ou le journaliste livré à lui-même, qu’on l’empêche de vérifier ses informations pour ne lui livrer finalement que des communiqués par mail ou des trailers officiels ? Le problème ce ne sont pas les rédactions ou les journalistes qui font leur métier, c’est le dictat de la censure exercée par les éditeurs, l’obscurantisme des majors qui veulent tout contrôler, museler la presse notamment grâce au fallacieux rempart des NDA (accord de non divulgation) ou encore à la rétention d’informations essentielles. Tout est désormais filtré, surveillé.

Le système est devenu pourri de l’intérieur, le ver attaque le fruit, industrialisé à plus que de raison au détriment de la créativité. Seul le pognon compte désormais, les magazines ne payent plus les pigistes au gré des restructurations, la presse est en crise, les créatifs sont laissés de côté, les jeux indépendants ne voient plus le bout du tunnel face aux majors. Pour toutes ces raisons, j’ai donc envisagé dans un premier temps, après une réflexion de plusieurs mois, d’abandonner ma spécialisation tout en continuant mon travail de journaliste et ce malgré le peu de moyens contradictoires dont nous disposons. Baisser les bras n’aurait servi à rien. Malgré tout, après avoir reçu des dizaines de mails de soutien, de professionnels, de blogueurs, d’éditeurs, de journalistes, de confrères, de passionnés, de gameurs, de lecteurs, j’ai convenu que je ne devais pas abandonner mais me tourner vers une ligne éditoriale critique, sans concession aucune, dénoncer les dérives d’un secteur qui ont aussi été mises à jour récemment par des associations de consommateurs.

Je tiens à rendre un hommage sincère et à adresser mes plus sincères remerciements à tous ceux qui soutiennent ma démarche et reconnaissent un système vérolé.

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42 Commentaires Poster un commentaire
  1. nov 29 2011

    Je trouve ça dommage de terminer une carrière comme ça, à cause de con. Bonne chance dans ce que tu entreprendras.

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  2. nov 29 2011

    Comment dire… à part que c’est bien triste (de ma part et de ma femme aussi), mais tu relèves malheureusement un pb qui n’existe pas que dans ce domaine… je coutoies régulièrement des attaches de presse qui ne savent même plus faire leur métiers correctement…

    Enfin sache que je suis a ta disposition si besoin est de faire un webmag, j’en ai d’ailleurs un a te proposer,mais il va peu être falloir que tu viennes un peu en corse… difficile hein !

    Je crois que les choses un jour ou l’autre vont changer, on dira a nos gamins si tu travailles pas l’école tu seras directeur de mkg ou attaché de presse. (on peu toujours rêver =)

    Ah oui et une chose que je voudrais rajouter, SWTOR ! ils sont entrain de passer des étapes à la va vite et je trouve ça dommage d’ailleurs je le dis officiellement je n’achèterai se jeu que lorsqu’ils auront décidé de mettre en place un site web digne de ce nom et qu’ils auront remplacé leur service marketing par des gens polis et surtout avec une conscience professionnelle….

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  3. nov 29 2011

    ben zut :(
    on va perdre une bonne source d’information (sans faute ^^) d’un vrai journaliste.
    Mais en tout cas, bon courage à toi, je te souhaite prendre du plaisir dans cette nouvelle direction que tu prends ;)

    à bientôt peut-être :) et merci ;)

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  4. nov 29 2011

    Beau papier ! Je reprends les propos de Marc, c’est dommage de finir sur une note négative, mais je comprends tout à fait ton amertume dans ce secteur que nous affectionnons tant. Moi même (et mon équipe), plus blogueur de journaliste depuis presque un an, nous sommes ahuris de voir qu’une info a été balancée il y a 3 jours, et nous recevons un communiqué comportant la moitié (le tiers ?) des infos.
    Je ne savais pas pour ton ancien job de rédac’ chef adjoint, et cette histoire me fait penser à celle de Marcus (que j’ai vécu en direct sur GameOne), qui a tiré sa révérence à un système qui commençait à décliner.
    Je te souhaite bonne route, que ta plume ne s’éparpille pas et qu’elle reste identique à aujourd’hui, claire, libre et indépendante.
    Et, de toute façon, Geek un jour, Geek toujours ;)

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  5. nov 29 2011

    Mon Fred, je trouve qu’il est d’autant plus dommage que tu raccroches les gants en cette période qui vit un vrai retour aux sources du jeu vidéo. Certes les gros éditeurs (pas tous) ne permettent pas toujours aux journalistes de faire leur métier mais en même temps on voit renaître de petits studios, de petits éditeurs qui émergent grâce aux nouveaux modes de distribution (téléchargement et plate formes mobiles) et qui, eux, nous ouvrent leurs portes en grand comme il y a 20 ans…
    Je pense que c’est là que nous avons un rôle à jouer en informant les joueurs de l’existence de ces jeux qui n’ont pas acces aux moyens de promotions des grosses machines…
    Alors voila, j’espere juste que tu reviendras vite sur ta décision… et te dis à bientôt l’ami !

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  6. Etienne
    nov 29 2011

    Merci pour tout, ton blog a été très agréable à lire pendant tout ce temps. J’espère que tu arriveras à trouver quelque chose de plus convaincant qu’aujourd’hui. :D

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  7. kev
    nov 29 2011

    Bon courage à toi et à ta nouvelle vie.Je te comprends et de toute façon on vit dans un monde de requin.

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  8. kev
    nov 29 2011

    t’as tout à fait raison Fred

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  9. Vinche
    nov 29 2011

    Je trouve également dommage de partir sur une note aussi négative, mais c’est pas que dans les jeux vidéos que l’on peut voir ce genre de choses. “cinema, musique,etc…” Le probleme qui se pose aujourd’hui, ce sont les millions injectés, et l’argent espéré en retour. Quand je vois un journaliste anglais déclarer en juin de cette année que fifa 12 est déjà le jeu parfait alors que le jeu n’est sorti qu’en septembre. Je me dis que des éditeurs comme EA dépensent beaucoup plus d’argent en marketing et pots de vin, que sur leurs jeux.

    Perso, quand j’ai commencé ce métier je pensais pas m’orienter vers les jeux vidéos, J’étais tout content au début, pensant trouver une industrie ou tout le monde est content, mais j’ai vite vu la façon dont on est traité quand on travaille LA \o/ et quand on travaille… ici. Au final, les meilleurs éditeurs ne sont pas ceux qui font des bons jeux, mais ceux qui ont les meilleures (et plus belles) attachées de presse

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  10. nov 29 2011

    Je me suis affreusement sentie visée dans le paragraphe concernant les bloggeurs… :( Je commence seulement cette année à écrire des petites choses sur l’univers vidéoludique, et je vois bien que je manque cruellement d’expérience. J’essaye de forger quotidiennement mon intellect sur tout ce qui touche de près ou de loin à la culture urbaine et à la culture geek, mais je sens bien que ce n’est pas assez.

    Selon vous, que faut-il pour être un journaliste JV digne de ce nom ? Qu’est-ce que les bloggueurs se proclamant journalistes n’ont pas ? Que faut-il privilégier ?

    En tout cas merci pour ce billet et de nous faire part de la réalité des choses. Bon courage pour la suite, pour moi le journalisme est un très beau métier, et très particulièrement quand il se met au service de la culture, ne baissez pas les bras donc.

    Bonne journée et bonne continuation.

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    • nov 29 2011

      Selon moi, pour être un journaliste digne de ce nom, c’est de donner un avis, ni trop engagé, ni trop peu engagé. Il faut comparé le sujet à ceux déjà traités, donner des arguments de ce qu’on avance …
      Le blogueur n’est pas l’inverse, c’est juste qu’il exerce sa passion différemment selon moi :)

      Un modeste blogueur :)

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  11. Je ne vais pas faire un long discours sur les problèmes d’aujourd’hui et ceux dans n’importe quel secteur.

    Je te souhaite bon courage pour la suite Fred et j’espère que tu trouvera un autre chemin plus bénéfique.

    PS: J’avais fait un stage chez Cryo Interactive (malgré mes avertissements sur le contenue des jeux) je n’ai pas eu l’écoute, car stagiaire et trop jeune pour me faire confiance, peu de temps après la fin de mon stage, la société fait faillite.
    Le choix des uns est un impact sur le choix des autres ;)
    Si l’avenir c’est les jeunes, alors pourquoi les empêchée d’avoir une meilleur place.

    Merci Fred ;)

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  12. nov 29 2011

    Lady, certains blogueurs ne sont pas dénués de talent. Tout comme certains journalistes auto-adoubés (oui c’est un métier narcissique) peuvent en manquer cruellement. Les qualités essentielles (et j’ai encore eu un mail de soutien d’un éditeur ce matin relativement à ce billet qui m’expliquait qu’il recevait 30 demandes de blogs par semaine) c’est d’abord de savoir de quoi on parle. On ne peut pas s’improviser journaliste ou blogeur dans n’importe quel domaine. Ca demande des connaissances, des années de travail, un réseau de professionnels, de l’assiduité, une grande disponibilité, une bonne maitrise du français et surtout un esprit critique. Les blogs dans ce domaine fourmillent chaque semaine et les éditeurs qui avaient pourtant prévu le coup il y a deux ans sont débordés par les demandes. En tant que blogueur, il est donc essentiel de se démarquer par un discours cohérent, constructif, objectif, clair et avoir un ton nouveau. Ce qui je le répète, dans ce domaine, est devenu maintenant tout à fait improbable.

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    • nov 29 2011

      Je m’efforcerai donc de faire l’improbable. Merci de votre réponse. Beaucoup de travail m’attend.

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    • Benjamin Beziat
      nov 29 2011

      Bon courage pour la suite Fred ! Vis de ta passion, c’est tout ce qui compte :)

      Je tiens moi aussi à dire que ça fait depuis le début de l’année que je rapporte des informations et je sais très pertinemment que je ne peux pas m’appeler un journaliste, on pourrait presque dire blogueur, et encore, c’est plus blagueur qu’autre chose. En effet, je n’ai jamais réussi à rentrer en contact avec des éditeurs, donc je ne fais que rapporter des infos que d’autres sites ont traité déjà, ou bien je ne parle que des trucs qui m’interpellent (en même temps, vu le faible lectorat dont je dispose, je n’ai pas encore trop de limites !)

      Le fait que la presse soit muselée est vraiment un problème qui touche toute la presse à vrai dire : suffit de regarder les opérations à Wall Street, où personne n’était en mesure de dire grand chose à cause de la police qui bloquait absolument tout. Ou bien même la situation en Égypte, qui tourne au cauchemar à l’heure actuelle pour les journalistes.

      Enfin bref, les temps sont sombres, mais le calme vient toujours après la tempête, non ?

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  13. Juste pour reprendre Bertrand Amar.

    Les petits studios comme tu le fait savoir, on aussi des soucis de distribution et de financement.

    Aujourd’hui il est pas simple de produire un jeu sans avoir un financement derrière, c’est pour cette raison que certains demande des dons pour mettre en place le développement d’un jeu.

    Concernant les plateformes pour mobiles, je trouve que c’est un mauvais exemple, car le contenue des jeux est trop pauvres et trop immatures -> tout et n’importe quoi, trop de casual gaming qui tue la créativité et l’originalité.

    Je rappel aussi qu’il n’est pas aussi simple que tu le croit de mettre en ligne des jeux mobiles, il y’a des directives et règles à respecter qu’une certaine Pomme aiment à rendre plus compliquer chaque jour et ceux à chaque MAJ de leurs SDK.

    Pareil pour Android, car les smartphones évolue tout les jours sans offrir la possibilité d’exploité ses petites machines qui ont du potentiels mais mal exploité.

    Les actes désintéressé se font rare de nos jours.

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  14. nov 29 2011

    Très intéressant coup de gueule, et une belle remise en question.

    On dirait que l’industrie du JV ( rien que le mot industrie déjà) suit le même chemin que l’industrie cinématographique.

    Le 7ème et 8eme (ou 9éme) art ont décidés de laisser les clés de la créativité a d’autres et de se contenter de sortir la suite annuelle de leur blockbusters.

    Des concepts vus et revus et des séries qui en chemin perdent leur âme.

    Le seul espoir pour le Jv est celui qu’évoque Bertrand : les nouvelles consoles que sont les smartphones et tablettes.

    Certes on est encore loin du plaisir d’un RPG époque 16/ 32bits mais ça bouillonne d’idée, de concepts et les interfaces tactiles permettent de réinventer un gameplay qui s’est sclérosé avec les manettes.

    Dans tout les cas, bravo pour cette carrière en espérant que l’envie te revienne vite .

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  15. nov 29 2011

    A propos du passage de l’article sur les blogueurs, je prendrais le problème à l’envers ; c’est justement l’incompétence manifeste de la plupart des journalistes JV qui a rendu si friable la frontière entre journalistes et blogueurs. Je serai même plus direct : les journalistes JV n’ont du journaliste que la carte de presse – et l’abattement fiscal qui va de pair.

    Je connais quelques bloggueurs qui justement, proposent un meilleur contenu que celui propose par la presse JV traditionnelle et internet – je reconnais néanmoins que 95% des blogueurs proposent un contenu indigent, parfois sponsorisé par les éditeurs JV qui plus est.

    Le JV, un secteur pourri ? Disons que le chiffre d’affaire du secteur a augmenté bien plus vite que la maturité du secteur, et il ne pouvait en être autrement d’un secteur qui progresse aussi vite sur le plan économique. Et le journaliste JV se fait le complice de cette situation. Il n’a d’ailleurs d’autre choix le plus souvent, car le journaliste JV ne vit que très rarement de sa plume.

    J’ai espoir que la situation évolue positivement mais… il faudra bien 10 a 20 ans pour cela. En attendant, le JV reste effectivement loin d’un Eldorado pourtant perçu tel quel par la plupart des joueurs : travailler pour un studio de développement, c’est faire beaucoup d’heures sup non payées, et se passer de jouer en tant que simple loisir ; être journaliste JV, s’est se torcher les fesses tous les jours avec l’éthique et l’impartialité pourtant inhérente au métier ; travailler RP, c’est avant tout faire de la propagande a la Goebbels.

    Quoiqu’il en soit, bonne continuation. :)

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    • nov 29 2011

      Je suis absolument d’accord et il me semble que c’est bien cet état de fait que je dénonce dans ce billet qui n’est pas que d’humeur. J’ai effectivement la chance de vivre de ma plume, -pas par ce blog qui se veut un espace de liberté et d’indépendance- mais grâce à des groupes de presse qui me font confiance car ils estiment que je suis crédible dans mon domaine d’expertise. Donc oui j’ai beaucoup de chance de vivre de ma passion depuis plusieurs années, c’est un rare privilège, j’en ai plus que conscience. Sur le phénomène des blogueurs, je ne dis pas l’inverse. Ce qui me gène, c’est qu’il faut faire le distinguo entre un blog et un support de presse indépendant. Je regrette que certains blogueurs n’ait pas non plus un accès facilité à l’information (ils sont souvent obligés de se payer leurs jeux) et rament plus qu’un journaliste reconnu (même si peu talentueux) à obtenir des données pour faire partager leur passion. En celà, les éditeurs ferment déjà les vannes aux journalistes (c’est effectivement plus facile de gérer une BDD avec 5 contacts pour envoyer les communiqués de presse)…

      Répondre
      • nov 29 2011

        J’ai oublié de préciser une chose dans mon précédent post : j’approuve a 100 % votre article. Même sur les passages auxquels je ne suis pas d’accord à 100% :)

        Pour les blogueurs, la scène actuelle est une véritable imposture. Les seuls blogs qui reçoivent des jeux, et obtiennent un soutien des éditeurs, ce sont les blogs style “unboxing”, “blogs d’achats” et autres blogs aux articles plus ou moins sponsorisés. Les blogs d’opinion, et/ou critiques ? Impossible d’espérer un quelconque soutien… de toute façon, ils ne sont pas vraiment lus par le public. Les blogs les plus lus, et de loin, ce sont les blogs précités. Stériles, et publicitaires.

        Le gros problème de la critique actuelle, qu’elle soit journalistique ou “amateur” c’est qu’elle st condamné a s’engager dans un rapport de force vis à vis des éditeurs. Un rapport de force perdu d’avance, vu la puissance des éditeurs, et la faiblesse de la presse JV actuelle.

        La solution est entre les mains des joueurs. C’est elle qui peut redonner un peu de vigueur a la presse JV, et favoriser le contenu critique au détriment du contenu sponsorisé. Mais bon… dans l’ensemble du circuit videoludique, ce sont encore les joueurs les moins vertueux ; ce sont eux qui consolident ce système inique au lieu de le combattre. Les joueurs creusent leur propre tombe, et ils n’en ont même pas conscience… :(

  16. Rémi Touja
    nov 29 2011

    Même si j’approuve une part de cet article , je trouve cette réflexion très élitiste.

    Le “tous pourris” est un raccourci facile plutôt utilisé pour décrire nos hommes politiques. Aucun mot sur les nouvelles plates-formes dématérialisées qui voient naître des petits jeux indés “comme avant”.
    Aucune tolérance pour ces apprentis bloggeurs.

    On sent une vraie amertume envers cet univers et, effectivement, il est temps d’abandonner.

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    • nov 29 2011

      Loin de moi l’idée de faire la réthorique Rémi mais il me semble que vous avez du lire cet edito en diagonale. Je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Je ne parle pas des plates-formes dématérialisées parce que ce n’est pas le sujet. Le sujet principal c’est le comportement de certains éditeurs vis à vis des blogueurs et des journalistes dans un système gangréné par le pouvoir et le pognon à tout va. J’évoque pourtant les éditeurs indépendants parce que c’est pour moi l’avenir même si les difficultés s’annoncent insurmontables pour les petites boites face à la force de frappe promotionnelle des majors. De même; je ne critique pas les tous les blogueurs, j’exprime un ressenti par rapport à la qualité éditoriale de certains sites. J’estime que l’effort est louable, que tout le monde peut partager son avis sur Internet mais je maintiens avec force qu’on ne peut pas se prétendre journaliste lorsque on met de manière sporadique des articles sur le net. Et oui, il est effectivement temps d’abandonner quand on se sent muselé et qu’on a plus les moyens d’exercer son métier correctement.

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  17. nov 29 2011

    Pas mieux, mais disons que les responsabilités sont multiples. Certes, l’attitude des industriels est un vrai appeau à baffes, mais de l’autre côté, l’attitude des rédactions est juste à gerber, parce que conditionnée par le diktat des lois du scoop et de l’internet 2.0. Il n’y a plus d’analyse ! C’est la course au scoop, et, du coup, les news des sites d’information se contentent d’être que des traductions des communiqués de presse, dans le meilleur des cas, et des traductions des actualités anglo-saxonnes dans la majeure partie des cas.

    Anecdote : un journaliste radio (une TRES TRES grosse “radio des jeunes”) me confiait la chose suivante “le directeur d’édition de notre radio nous dit la chose suivante : à partir du moment où l’on parle d’un studio, ou d’un fait, on lui fait de la pub… Donc, on en parle une fois pour la forme, mais si on en reparle, ça fera de la pub. Une fois est suffisant”. Cette attitude n’est pas exclusive à cette station de radio, pour l’avoir vécue moi même auprès d’autres rédactions… Ca nous fait arriver à cette triste conclusion : la plupart des décisionnaires qui s’occupent de la presse ne connaissent absolument rien au journalisme. A cette heure-ci, Albert Londres ne se retourne plus dans son cercueil : il fait du vélo acrobatique dedans.

    Pour ma part, plus ça va, plus je m’écarte de la presse jeu vidéo. Il n’y a plus de travail d’analyse, et il y a de moins en mois de passion. Seuls quelques titres de presse m’attirent beaucoup, parce qu’il n’ont pas perdu cette esprit plein de curiosité. En attendant, j’ai repris les pinceaux, espérant que mes univers graphiques puissent s’épanouir, et j’ai choisi de m’occuper du jeu vidéo autrement, fort de ce que j’ai appris en 15 ans de presse dans ce milieu, et avec la plus grande sincérité dans ce que je transmets de cette expérience. Comme quoi, même s’il faut refaire des choses depuis le début, tout n’est quand même pas à jeter.

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  18. nov 29 2011

    “Ne confondons donc pas bloggeur et journaliste !”

    Tu demandes ça à qui ?

    - Aux joueurs ? Mais beaucoup aiment lire des gens qu’ils sentent proches de leurs goûts. Ils cherchent plus volontiers du sensitif que de l’explicatif, de la mise en scène (déballage, ressenti) que du traitement de fond (analyse).
    - Aux journalistes ? Pourtant, ils entretiennent eux-mêmes la confusion. Il faut voir certains sites professionnels où les billets des blogs se mêlent au fil actu, où l’on relaye la communication des éditeurs afin de consentir à cette recherche de mise en scène permanente (La participation d’Harrison Ford au sport d’Uncharted a été médiatisé comme rarement… par les sites d’informations).
    - Aux éditeurs ? A ceci prêt qu’ils ont pour fonction d’utiliser tous les outils à leur disposition pour relayer la sortie de leur jeu. Les blogs sont des outils parmi d’autres …

    Enfin le fait est qu’il y a de nombreux journalistes qui n’en sont pas, et à l’inverse beaucoup de blogueurs qui pourraient l’être. La confusion est donc normale.

    Ce qui explique peut-être que la critique ait perdu sa légitimité.

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    • Bouré
      nov 29 2011

      La légitimité ? Est ce la définition d’une base éthique ou bien morale ? Qui a le droit ou bien tout simplement “les couilles” de dénoncer certaines pratiques dans ce milieu que je connais peu ou pas ? Toujours est-il que lorsqu’un seul quidam ose s’aventurer dans une prose passionnée, on s’interroge, on s’offusque, on se réveille mais seulement pour mieux se rendormir…. Car chacun le sait, malheureusement, l’hypocrisie règne et pas seulement dans le beau métier de journalisme !

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  19. nov 29 2011

    Merci pour ce post qui a le mérite de dénoncer pas mal de choses vraies dans notre milieu, mais que bien peu osent montrer du doigt. Et surtout bonne chance pour la suite.

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  20. En passant, une certaine chaine TV de jeux video est devenu assez banal, c’est plus du jeux video, c’est une boutique de vente.

    Le nombre d’erreurs sur la communication de l’information, le manque de connaissance dans plusieurs domaines et le bâclage des reportages, conforte sur cette idée. De toute manière les jeux video et le cinéma sont liés, vendre plus pour gagner plus, quitte à sortir un jeu non fini, pas grave, on sortira des DLC, etc.

    Il est dommage de souvent voir des journalistes/animateurs et autres n’avoir aucune connaissance dans ce domaine. Il m’arrive de rencontrer des personnes de ce milieu ayant vraiment aucune expérience et ne sont la que par pur piston. Surtout quand il s’agit de discuter technique, la tout le monde est aux abonnée absents, combien d’entre eux peuvent nous expliquer ce que les shaders apportent dans le moteur graphique d’un jeu video.

    Les éditeurs payent souvent plus pour la communication (et cadeau sous la table à certains) que les heures sup de certains developpeurs.

    Même si certains joueurs ne se pose pas la question, d’autres aimerais bien savoir.

    PS: un petit clin d’oeil pour certaines personnes qui ont cru bon jouer avec les mots

    En tout cas Fred, merci pour cette liberté d’expression ;)

    Répondre
  21. Chris
    nov 29 2011

    Il y a du vrai dans ce que tu dit mais il y a du faux aussi,tu est un peu dur et aigri je trouve!le jeu video s’est démocratisé et tout le monde y joue maintenant et comme tout media qui devient populaire c’est normal qu’il y ai des enjeux financiers et que les editeurs veulent vendre,surtout que ca coute cher maintenant de faire un jeu!quand a la presse,les sites et les blogs je prefere avoir l’avis d’un joueur meme si il n’est pas specialiste plutot qu’un pro qui peux etre blazé de jouer a autant de jeux!et il y a encore des créatifs et des gens passionnés qui nous font encore revé mais oui certains editeurs comme square par exemple se sont laissés par l’argent facile et ont perdu de leur superbe mais on est en 2011 plus dans les années 80 et c’est a nous les joueurs de nous manifesté sans etre des vaches a lait ou des pompes a fric en acheter bêtement,le monde a changé comme dit la pub mais pour le meilleur et le pire,a nous de ne pas subir le pire!et meme si je comprend ton coup de gueule faut relativisé,meme si on aime le jeu video comme moi depuis 30 ans(j’en ai 40)je ne me laisse pas avoir par le marketing a outrance je me fie juste a mon instinct de joueur et ca me reussis plutot bien^^merci de m’avoir lu et bonne continuation

    Répondre
  22. Chris
    nov 29 2011

    Et un coucou et un bravo a mr bertrand amar et son equipe pour la sympathique emission star player que je ne rate jamais qui me rappel la tres vieille emission(et la premiere)dont j’ai oublié le nom et qui passait sur fr3 a l’epoque^^

    Répondre
  23. nov 29 2011

    Je ne fonctionne pas pour et par l’argent (sinon je ne feras pas ce métier) mais par reconnaissance. Mon moteur, c’est ça, le fait d’être capable de transmettre un sentiment au plus grand nombre, une envie, une passion. Je ne peux renoncer à ça, c’est essentiel à mes yeux sinon à quoi bon faire autre chose que de vendre des cacahuètes dans le métro ?

    Donc non je ne suis pas blasé, ni aigri après 30 années d’investissement personnel. J’aime ce que je fais. D’autant que je suis spécialisé en MMORPG ce qui n’est pas le style de jeux le plus facile à tester. Ca demande beaucoup de temps pour leveller, connaitre les instances, appréhender la communauté et ses rouages, anticiper les évolutions futures.

    Aujourd’hui, il n’est plus possible de travailler sans se prostituer. Un journaliste ne peut plus avoir son libre arbitre ce qui est l’essence même de sa fonction. On nous impose des CP sans nous donner autre chose que des trailers à nous mettre sous la dent avant la sortie des jeux. Je me refuse à envisager mon métier ainsi, à être un relais commercial pour promouvoir tel ou tel titre. Les choses vont trop loin, il est temps de dénoncer même si j’ai bien conscience que ca ne servira à rien et que rien ne changera.

    Pourtant, il faut que les choses soient dites à un moment ou un autre. C’est mon rôle aussi de rendre les dérives publiques, d’utiliser ma liberté d’expression, que les gens sachent à quoi s’attendre, que l’univers dans lequel ils évoluent ne soit pas que fantasme mais qu’il existe un réel système pervers derrière tout ça. Je ne prétends rien réformer, l’argent est nécessaire pour faire avancer les choses, pour développer de nouveaux projets mais les éditeurs et en particulier les majors ne savent plus travailler qu’à coup de spots TV ou d’affiches 4X3 dans le métro. Peu leur importe maintenant l’avis d’un journaliste ou d’un blogueur, leur puissance de feu est tellement grande, la presse tellement en dérive (de son propre fait parce qu’elle n’a pas su poser les limites à temps) que les relais d’informations sont désormais muselés avant de s’être exprimés. Pour celà, la rétention d’information vers les “cibles’ dites sensibles reste l’arme privilégiée de certaines majors.

    Quoi de mieux que ne pas informer un journaliste ? Les gouvernements, les banques, les agences de notations, toutes ces entités savent parfaitement gérer celà. Pourquoi les majors seraient elles en reste en terme de gestion de leur communication ? Il est plus rentable aujourd’hui de communiquer via une campagne d’affichage que d’envoyer quelques dizaines de press kits à des journalistes qui risquent fort d’être critiques. Et ça, ça dérange forcément..

    Répondre
  24. Personne
    nov 29 2011

    Si je suis d’accord avec l’ensemble de votre discours, je voudrais tout de même revenir sur un court passage : les blogueurs. Je rédige moi-même un petit blog et je ne prétends en aucun cas être un journaliste. D’ailleurs je ne suis rien, ni personne. Je tiens ce blog depuis quelques mois et mon but est seulement d’écrire, d’affiner ma plume et de travailler mon analyse critique. Bien sûr, au début je me suis cherché, j’ai voulu faire quelques “news” mais cela ne m’intéresse pas. Je ne fais pas non plus de déballages ou quoi que ce soit de ce genre.
    S’il m’est arrivé d’être invité à quelques “évènements”, je n’ai jamais reçus aucuns dossiers de presse ou autre jeux gratuits. D’ailleurs ce n’est ni mon but, ni mon souhait.

    Tout cela peut sembler maladroit, mais je dois dire que ces critiques envers les blogueurs venant de votre part et celle de vos collègues me font mal. Je me sens à chaque fois visé. Je ne prétends pas atteindre un quelconque degré de professionnalisme, je ne prétends pas éduquer les lecteurs et je ne prétends pas rivaliser avec les magasines professionnel. Ecrire sur ce blog me passionne et m’aide à réfléchir, mètre en place mes idées et opinions, et me pousse à m’améliorer.

    Je peux donner l’impression de me justifier, de jouer la carte de la victimisation… Je ne sais pas. Mais ce sont des gens comme vous qui ont crée chez moi cette passion dévorante pour le JV, qui m’ont donné envie de le défendre, de le partager et d’apprendre à en parler. Effectivement, je pourrais ne pas publier mes articles sur le net et faire ça dans mon coin. Seulement, une fois l’article publié, les réactions des quelques lecteurs passant par là me poussent à toujours remettre en question ce que j’écris.

    Maintenant, je suis prêt à recevoir des coups de bâton et des pierres, mais toutes ces critiques envers les blogueurs me font mal, je suis peut-être naïf et ce message est surement ridicule, mais c’est ce que j’ai sur le coeur.

    Répondre
  25. Chris
    nov 29 2011

    Je comprend mieux a travers tout les commentaires et moi je pense que tu peux et dois continuer car ta voix porte et perso m’a fais mieux comprendre et changer un peu d’avis par rapport a mon precedent post!car c’est une voix libre comme toi qui peux faire changer les choses meme si le combat est loin d’etre gagné mais je repete que nous aussi joueurs ou blogueurs avons un avis et pouvons avoir notre mot a dire dans ce grand marketing,get ready for the next battle^^

    Répondre
  26. Alexis
    nov 29 2011

    Bonjour.

    Pour bien resituer les choses, je tiens à signaler que contrairement toi (j’espère que tu ne m’en voudra pas de ce tutoiement), je suis ce que l’on appellé un newbie dans le monde des JV . Je viens juste d’entamer ma vingtième année et je n’ai pas encore eu le temps de faire tout les classiques type Monkey Island ou autre Doom, et que par conséquent, ma culture dans les jv est assez limité.
    Secondement, je ne connaissais pas ce blog avant de tomber sur cet article, mais je compte rattraper ce retard le plus tot possible.

    Bon, maintenant, je peux commencer.
    Tout d’abord, je tiens à te dire que je respecte ta décision et que je te comprends parfaitement. Car meme si je n’ai pas eu la chance de tester autant de jeux que toi, ma ludotèque n’est vraiment pas négligeable et je me rend bien compte que le monde des jeux vidéo va de mal en pis.
    L’économie entraine effectivement un déclin de l’originalité et quand on vois certains jeux qui sont réalisés à la chaine uniquement pour faire de l’argent mais au détriment de la qualité, il y a vraiment de quoi perdre espoir.
    Cependant, je pense que tu noircis un tantinet le tableau. Je parle des développeurs indépendants qui nous pondent très régulièrement des petites perles qui bien trop souvent passe sans etre vu. Bien sur, il y a des grands réussites (Minecraft, pour ne citer que lui), mais je trouve que certain tombe trop vite dans l’oubli. Cela dit, ces développeurs tiers nous montrent malgré tout que la créativité n’a pas disparu dans ce secteur et en plus qu’elle est parfaitement accessible (il n’y a qu’à voir les prix pratiqués par Humble Bundle et autre!).
    Des jeux comme Rock Of Age, Eufloria ou DEFCON sont de véritables bijoux, avec un réel soucis de qualités.
    De plus, meme si certain soft transpirent l’aisselle d’actionnaires, il faut quand meme reconnaitre que certains géants sont quand meme très bien réalisés. Le très récent Skyrim est quand meme magistral en terme d’immersion et de gameplay. Il n’est pas sans défaut (trop facile, quelques faiblesses pour le rendre plus accèssible donc plus commercial, et encore quelques points…) mais il faut quand meme accorder du crédit pour la réalisation du jeu (level design de fou!!!!!). J’arretes avec ce jeu avant de tomber dans le “fanboy-isme”, mais je voulais quand meme montrer que certain “puissant” continue à sortir des jeux très honorable sans forcément se soucier des retomber financières.

    En conclusion, je dirais que ça va mal mais y’a encore de l’espoir.

    Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire. Sur ce, je retourne sur DEFCON.

    Alexis

    PS : excuse moi pour les fautes d’orthographe mais je poste depuis un Firefox de linux qui n’est pas parametrer en français donc mon texte est souligné en rouge ce qui ne facilite absolument pas la re-lecture

    Répondre
    • @Alexis

      Fred ne noircis pas le tableau, il en expose simplement les défauts.

      L’exemple de Minecraft est encore un mauvaise exemple, Minecraft n’est pas original ni doté de créativité, il reprend simplement certaines lignes du jeux video, d’autant que des jeux du même style été déjà disponible avant lui (Minecraft à grandement copier Infiniminer). Aujourd’hui on commence à apercevoir plein plein de clone de se type de jeu.

      Ce que je trouve dommage, c’est que malgré les possibilités qu’on dispose aujourd’hui, malgré les bêtes de courses (niveau hardware), on rétrograde.

      Je risque de me faire tapé sur les doigts mais pour moi Flashback été plus prenant qu’un Uncharted par exemple, Uncharted à beau avoir des atouts et avoir une histoire digne des plus grand film, il n’en reste pas moin linéaire. Pour moi c’est fade, pas vivant et on tourne en rond, même Flashback été plus vivant et plus expressif.

      Si tu souhaite prendre un exemple de jeu Original et Créatif, il faut voir du côté des petites boîte de prod comme Remedy et sont fameux Max Payne, ainsi que l’excellent Alan Wake qui n’a reçu que des mauvaises critiques et eu une mauvaise accueil (au moin MS à cru au projet).

      Malheureusement la license Max Payne vendu à Rockstar, je crains le pire de cette boîte.

      Regarde Eric Chahi, j’en attendais beaucoup de son From Dust, malheureusement, les limites sont la, il ressemble un peu trop à Black and White et Eric nous à habituer à mieux (Another World) mais le fait que Ubisoft est mis sont grain de sel la dedans, ne m’étonne pas du produit final.

      J’espère que Paul Cuisset ne décevra pas sur son projet AMY.

      Les seuls jeux qui m’ont vraiment tenu en haleine, quelques titres comme Demon’s Souls, un jeu qui malheureusement est passé inaperçu et pourtant énorme potentiel (cela change de la série Gothic, Elder Scrolls) c’est pour moi le meilleur jeu de ses derniers années. La suite “Dark Souls” est somptueuse (From Software c’est surpassé ici) et un autre jeu, la encore aux oubliettes son nom “Folklore” (une merveille) la encore on parle de quelques RPG inexistant pour certains face aux grosses pointures productions façon FF à coup de commercial et abus de license.

      A mon avis le vrai problème ce n’est pas le point de vue de Fred, le vrai problème c’est les jeux video en général, ce qui se passe en ce moment est assez similaire à ce qui se passe à la TV et au cinéma. Aujourd’hui c’est sortir le produit au plus vite, vendre le produit au plus vite et puis ressortir un produit similaire peu de temps après et faire croire à l’évolution du soft.

      Pour faire simple, jeu en préparation -> pression de l’éditeur -> communication autour d’un trailer -> des photos -> entretenir le suspense -> pression de l’éditeur -> sortir le jeu au plus vite, même si il est à peine fini -> ras le bol complet -> passage à édition -> jeu qui ne ressemble à rien -> no prob éditeur à coup d’explosion de pub -> on prépare la suite (la suite étant le reste du travail sur se même jeu), c’est un peu le fonctionnement aujourd’hui, raison pour laquel les éditeurs et grosse production se méfie de fournir une beta à des inconnus pour qu’ensuite leurs plan se casse la gueule à cause de critique extreme sur la qualité du soft.

      Ps : Eufloria = Flow

      Répondre
  27. nov 29 2011

    C’est toujours triste quelqu’un qui part de cette façon. Même si je respecte ta décision (c’est tout en ton honneur !), je trouve dommage de perdre un journaliste qui a une aussi longue expérience et qui nous a accompagné pendant toutes ces années. On voit bien d’ailleurs que la critique JV se confronte de plus en plus à son histoire, comme cela s’est toujours fait dans les autres arts. Si ceux qui connaissent cette histoire et sa grammaire s’en vont, alors qui pourra servir de guide ?
    Même si je partage en partie ton constat sur certains côtés de notre industrie, je me dis justement qu’il y a encore des choses à créer, parce que la nature a horreur du vide. A l’heure où le jeu indépendant commence à prendre de plus en plus d’importance, peut-être qu’il y a aussi au niveau critique des choses à inventer, des îlots de résistance à imaginer. La critique de JV reste encore à inventer.
    Même si j’imagine que tu as mûrement réfléchi avant d’abandonner un métier qui était une partie importante de ta vie, il n’y a jamais de décision définitive. Le monde évolue vite et, qui sait, peut-être qu’on se croisera de nouveau dans quelques mois ou quelques années grâce à des personnes qui seront parvenu à te faire changer d’avis ?
    Bonne continuation en tous cas, car heureusement, y’a pas que les jeux vidéo dans la vie !

    Répondre
  28. Tryskel
    nov 30 2011

    Tu cites le problème d’avant 1994, je ne le voyais pas enraciné depuis tant de temps… pour moi, c’est la principale maladie de la presse vidéoludique* : ce conflit d’intérêts qu’ont les magazines entre les articles de presse sensés être critiques et iondépendants, et les publicités ciblées qui les font vivre, et qui les rendent dépendants de ces éditeurs qui ne voient qu’un espace publicitaire corvéable à merci.

    Je ne t’ai jamais lu, mais en tant que rédacteur (enfin, blogueur plutôt) amateur, je compatis, et comprends tout à fait.

    ——-
    *avec aussi le fait que, si tous les rédacteurs JV du monde se donnaient la main, ils trouveraient encore le moyen de se briser les doigts… Ou alors c’est uniquement les rares que j’ai connu ou aperçus qui se conduisent comme des gamins ? j’espère…

    Répondre
  29. Bailly nicolas
    déc 16 2011

    Bonjours à tous, je me présente je suis le cousin de Fred : je tenais à vous signaler ça mort qui a eu lieu hier… Merci à tous il nous manque déjà

    Répondre
  30. Bailly Ortega
    déc 16 2011

    Fred ne reviendra pas, il nous a quitté hier

    Répondre
  31. Ava
    déc 19 2011

    Le mal était profond. La passion également. Fred vivait intensément cette passion des jeux vidéo. Ce “j’accuse” restera la dernière étincelle de vie de ce blog. Fred “Keth” Bailly a préféré nous quitter ce jeudi 15 décembre 2011 pour rejoindre les étoiles. Et ce ne seront cette fois pas les étoiles virtuelles du MMO Star Wars que tu attendais tant.

    Pensons tous à la petite Noa qui n’a plus de papa.

    Fred, tu nous manques déjà….

    Répondre
  32. déc 20 2011

    Sincèrement désolé d’apprendre cette triste nouvelle… Ce dernier post prend soudain une tout autre signification. Toutes mes condoléances à sa famille. Adieu Fred et merci pour ta passion !

    Répondre

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